RÉCIF, LA ROCHE DU CORBEAU

Bois brûlé, métal,
350 x 310 x 215 cm,
Place des Princes – Pont-Scorff (56)
2020

Commande publique de la ville de Pont-Scorff dans le cadre du plan de réaménagement du centre bourg.
Création développée et produite avec 47 Nord (Studio de création et Production d’œuvres)

Un grand merci à Olwen GAUCHER / 47Nord, Vincent VERNET, Nicolas DESVERRONNIERES, Christophe HAMON ainsi qu’à l’équipe du service technique de la ville de Pont-Scorff.

Récif, la Roche du Corbeau
Cet élément constitué de poutres de bois brûlé, survient sur les pavés devant la Maison des Princes. Les flèches de la sculpture orientées vers la pointe de l’emmarchement de la place qu’elle occupe, accentuent son dynamisme oblique et mettent en écho
le principe de marche, de niveau présent dans l’organisation des différentes hauteurs des poutres.

Ce massif noir, carboné, issu d’une matière vivante et végétale glisse vers le minéral. Évoquant le récif ou un gisement de cristaux, les formes cubiques, qui constituent la sculpture, font référence à celles des pavés sur lesquels elle est posée. Prolongeant ce dessin de carrés et de rectangles présents sur le sol, une déformation advient par le basculement de ces lignes et la coupe franche de ce monolithe laissant alors apparaître un nouveau motif géométrique sur ces deux plans perpendiculaires, telles les facettes d’un cristal. Entre irrégularité et géométrie au cordeau, la référence à des pierres et des cristaux comme la Kyanite, la Tourmaline noire, la Magnétite, la Pyrite (littéralement pierre de feu en latin) ainsi que les orgues basaltiques est présente. L’évocation aux entrailles de la terre, à la concrétion, au feu ou au magma se fait alors sous-jacente.

Réminiscence d’une formation tellurique issue de pressions et de températures fortes.

Dans une puissance sourde et une force imposante, ce bloc pourtant inerte dévoile sa vitalité par le jaillissement de ce qui le constitue, de son essence, son coeur, griffé, ciselé, telle la roche d’une carrière ouverte. Par ces lignes tendues, ces angles, ces reliefs, ces vides et ces pleins, un jeu d’ombres et de reflets contrastés, caractéristique au bois brûlé s’opère.

En hommage à la Roche du Corbeau (roche de couleur claire présente sur la commune en bordure du Scorff) telle une résurgence apparaissant au coeur du bourg, Récif, La Roche du Corbeau joue de son nom et revêt la robe sombre du volatile couvrant alors les tons clairs de la pierre qui surplombe le Scorff. La sculpture passe du mat au brillant, change de teinte et évolue au fil des différentes lumières du jour, comme les reflets du manteau plumé et des minéraux peuvent le faire.

RÉCIF, LA ROCHE DU CORBEAU, Place des princes, Pont-Scorff, 2020.