Greffe charpentière

Sculpture monumentale In-Situ
Bois de structure, vis, dosses de bois avec et sans écorce, clous,
11,50 x 6,80 x 4 mètres
2026

Création spécifique pour la Bambouseraie en Cévennes

La chute de la première branche charpentière de ce magistral Magnolia est le point de départ de cette installation artistique.

Une entité organique survient à proximité de la cicatrice. Le doute peut subvenir quant à savoir si cet élément voisin se détache, s’est arraché, à l’image de la branche amputée ou s’il tente de joindre la blessure pour la panser.

Évoquant alors la disparition tout autant que la fusion, dans un entre deux, l’idée de séparation reste en suspens.

Cette ambivalence est prolongée par le double sens de lecture de cette entité plongeante ou sortant du sol.

Rejouant la chute, le retour à la terre ou l’élévation, le racinaire offrant la pousse, le surgeon. Entre aérien et rampant, vit et mort, l’équilibre du cycle est ici questionné.

Comme aidé, assisté, étayé ou plutôt tutoré, ce corps d’écorce, étrange, comme sorti d’un autre temps, brut, presque originel, se voit reposer sur une structure géométrique, cubique, aux arêtes droites et vives.

Faite par l’Homme, cette assise, aux poutres imposantes, symbole d’une volonté de stabilité opère un rapport d’opposition avec l’autre élément maintenu, au ventre mou, nous figurant sa masse courbe et lourde.

Ainsi entre sauvetage, résilience et rupture, entre naturelle et artificiel, sinuosité et raideur, les marques de divergences et convergences rassemblent sur la question de la limite, de la frontière, lient dans un rapport d’interdépendance une relation toujours en équilibre.


Dessin préparatoire Greffe Charpentière, A4, 2025

Crédits photos : Thierry Vezon
et Simon Augade